Mes cinq premières journées à PyeongChang

— Photos Dany Lemay

 

À quelques reprises durant son expérience olympique, Dany Lemay, annonceur-maison lors des épreuves de courte piste à PyeongChang, nous fera vivre les Jeux de l'intérieur, selon son expérience unique.

Bonjour chers amis,

Peu de gens le savent, mais ma « carrière » d’annonceur a débuté il y a 30 ans, dans l’illustre Sportium de St-Tite, lors de la finale régionale des Jeux du Québec. On a probablement donné le micro au jeune patineur de 13 ans que j’étais parce que je parlais beaucoup et que je ne pouvais participer à la compétition, puisque déjà médaillé à la finale provinciale à Dolbeau en 85. J’ai repensé à ce moment en mettant les pieds à l’aéroport de Séoul, mercredi dernier. Ce petit garçon passionné de patinage de vitesse ne pensait définitivement pas avoir la chance, l’honneur, le privilège, de participer à trois Jeux olympiques à titre d’annonceur-maison en patinage de vitesse courte piste!

Une fois ce moment de nostalgie passé, mes bagages récupérés et la fatigue du voyage bien assumée, j’ai eu droit à mon premier choc culturel. PJ Kwong, mon équivalent en patinage artistique, et moi, avons été accueillis, que dis-je, assaillis, par une demi-douzaine de caméras et deux animateurs télé pas mal plus réveillés que PJ et moi! Croyez-le ou non, ils nous avaient choisis pour participer à l’émission coréenne « Taxi sympathique ». En gros, ils s’occupent de nous reconduire à notre hôtel à PyeongChang, (environ 4h de route), en échange d’entrevues dans le taxi et d’une dégustation de mets typiques coréens en chemin vers notre hôtel. Je n’ai aucune idée si nous avons été intéressant ni de quoi nous avions l’air après avoir été presque 24h debout, mais nous nous sommes rendus à destination riche d’une belle expérience!

Vous vous demandez peut-être pourquoi je suis à PyeongChang aussi tôt avant les Jeux (exactement 10 jours avant le premier jour de courte piste). Je me le demande moi-même J. Dans les faits, je suis arrivé sur place 2 jours avant les athlètes, 6 avant les officiels. Et en plus, grâce au travail dévoué de Caroline Truchon, j’avais déjà dans mes bagages toutes les statistiques les plus récentes sur tous les patineurs présents aux Olympiques, même les résultats des « South Asian Games »!  La réalité est que les Coréens sont des gens très structurés, très perfectionnistes, et ils veulent s’assurer que les Jeux olympiques soient à un niveau d’excellence jamais vus. Alors on fait plusieurs rencontres de formation et de préparation, on fait des répétitions…et on passe aussi le temps comme on peut, puisque je dois être à l’aréna plus de 10h par jour. Je dois l’admettre les 3 premiers jours ont été plus difficiles, car en plus de combattre le décalage horaire et la fatigue, il n’y avait aucun entraînement sur la glace du Palais de glace de Gangneung. Mais au moment où vous lirez ces lignes, tous les pays en courte piste sont arrivés et plusieurs patineurs artistiques s’entraînent également ici. En raison des droits de télé et des fuseaux horaires, le patinage artistique (sport majeur en Amérique) se déroulera le matin heure de Corée, et le patinage de vitesse (sport majeur en Asie) se déroulera le soir en Corée (pas si mal pour les lève-tôt au Québec, moins évident pour les autres j’en conviens, mais je suis sûr que vous ferez un effort pendant 2 semaines…).

J’ai le bonheur de loger dans un bel hôtel, situé dans un tout petit village en bordure de mer où la pêche et le surf sont les deux activités principales. Donc pour eux, voir un non-Asiatique faire son jogging à 8h le matin, c’est assez hors norme J. Nous sommes à environ 35 minutes en auto des sites olympiques pour le patinage de vitesse (courte et longue piste). J’y côtoie les autres annonceurs, responsables de la musique, et autres personnes impliquées dans la production sportive. Ce sont majoritairement des Coréens (tous très jeunes, dans la vingtaine), mais plusieurs Nord-Américains font également partie du groupe, dont ma productrice (ma « boss »), que je connais bien puisqu’elle occupait le même rôle à Vancouver. Je me sens donc à l’aise et elle me fait confiance sur tous les aspects de mon rôle, c’est donc plus facile.

Je peux dire qu’après 5 jours sur place, je me sens vraiment comme chez moi (ma douce et mon chien Sotchi en moins bien sûr!). La nourriture est excellente et variée et les gens sont très accueillants. Les bénévoles sont relativement jeunes, mais parlent bien anglais, et je commence à apprivoiser quelques phrases en Coréens (les classiques Bonjour, Merci, Comment ça va…). Mon plus gros hit à date est lorsque je remets des « pins » du Canada ou des bonbons à l’érable aux gens avec qui je travaille aux bénévoles, ou les gens qui me servent dans les cafés.  On me dit que les Coréens sont impressionnés quand des « étrangers » prennent le temps de leur remettre un cadeau, aussi simple soit-il. C’est une symbolique forte dans leur culture.

Mon moment coup de cœur pour l’instant s’est produit dimanche matin. J’ai eu la chance d’assister à l’entraînement du couple de patineurs artistiques nord-coréen. Cette présence des Nord-Coréens à PyeongChang est vraiment une grosse affaire ici et dans l’ensemble les Sud-Coréens sont très excités par cette présence. Tous les bénévoles de l’aréna ont regardé leur performance sur glace ce matin, performance effectuée sur la musique de la seule et unique Ginette Reno sur son succès (de l’époque de mes premiers pas comme annonceur!) « Je ne suis qu’une chanson ». Non, Ginette Reno n’est pas que la chanteuse des hymnes nationaux quand le Canadiens est en série. Blague à part, j’ai eu la chair de poule pendant 2 minutes. C’était un moment historique, qu’une poignée d’entre nous n’avons pu être témoin, et bien sûr pour le petit Québécois que je suis, d’être au milieu de tout ça en Corée en entendant Ginette Reno chanter en français, c’était un peu surréel. À la fin, tous les bénévoles coréens se sont mis à applaudir. Très touchant!

Le meilleur est donc à venir, avec le premier entraînement des Canadiens, ici, dans quelques heures, les cérémonies d’ouvertures vendredi prochain, la première journée de courte piste le lendemain, et l’arrivée de ma douce la même journée! Mais pour l’instant, je porte fièrement ma tenue de bénévole chaque matin, j’arrive au Parc Olympique avec mon plus beau sourire et je reviens à ma chambre tard le soir avec le sentiment du devoir accompli…et me répétant que le petit gars de Ste-Thècle en a fait du chemin, et que sa passion pour le courte piste, et un peu de chance, lui permettent aujourd’hui de vivre son rêve olympique…à moins de 2 mètres de la ligne d’arrivée (voir photo montrant ma vue de ma position d’annonceur!)

Olympique-ment vôtre

Dany

Twitter : @danylemay_

 

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